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17.04.2007

Le système éducatif doit développer l'alphabétisation numérique

 
Campagne d’information et neutralité scolaire

Question 13a : Pensez-vous que la distribution de guides comme ceux distribués pendant l’opération Tour de France des Collèges 2005 et l’opération « Internet + Sûr » s’inscrivaient dans le principe de neutralité scolaire ?
Question 13b : Êtes-vous favorable à plus de rigueur dans l’application du principe de neutralité scolaire que ce qui a été observé jusqu’à présent ?
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L’Éducation nationale doit fournir à ses personnels et usagers une information neutre et mise en perspective, afin d’éduquer de futurs adultes responsables. La réalisation des documents diffusés par elle doit donc se faire en concertation avec des acteurs ayant la plus grande représentativité possible, incluant les usagers.


Enseignement de l’informatique et logiciels libres dans l’éducation

Question 14a : Êtes-vous favorable à ce que l’informatique soit une composante à part entière de la culture générale scolaire de tous les élèves sous la forme notamment d’un enseignement d’une discipline scientifique et technique au lycée ?

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L’informatique est omniprésente. Elle augmente, comme l’écrit Michel Serres, la « puissance d’agir » des personnes et des collectifs. Il n’est pas concevable que nos enfants ne bénéficient pas tous d’une formation à l’usage des technologies de l’information, prenant à la fois en compte les aspects techniques  mais aussi amenant à réfléchir sur la place que ces outils prennent au sein de nos vies : les « capacités » qu’elles conférent aux personnes et aux collectifs.

Les technologies éducatives sont le support de méthodes pédagogiques qui favorisent l’autonomie de l’élève, seul ou en groupe, et sa capacité à résoudre des problèmes, en croisant éventuellement des connaissances issues de plusieurs matières. Elles permettent de redonner à certains élèves le goût des études, à en remettre d’autres au contact de l’écrit. Elles étendent presque à l’infini l’accès aux ressources de la connaissance. Elles doivent être utilisées pour permettre à des jeunes en échec scolaire ou à des adultes non-qualifiés d’accéder à des savoirs complexes.

Les collectivités supportent, pour l’essentiel, le coût de l’équipement, des connexions, mais et de la maintenance informatique au sein des établissements.

Je souhaite que l’État accompagne l’effort des collectivités territoriales par un certain nombre d'actions concrètes :
•    création de postes de répétiteurs pour encadrer le travail des élèves et le soutien scolaire ;
•    réorientation des CNDP vers la coordination des activités de création de contenus pédagogiques numériques ;
•    Renforcement du volet « informatique » dans la formation initiale des professeurs ;

•    Mise en œuvre d'un vaste plan de formation continue alliant compréhension des outils numériques, réflexion sur les pédagogies innovantes et formation continue à la ou aux discipline(s) enseignée(s) ;

•    Généralisation des espaces numériques de travail dans les établissements ;

•    Généralisation de la connexion en très haut débit des établissements ;

•    Développement d’un programme de recherche sur les technologies éducatives.


Question 14b : Êtes-vous favorable à ce que les élèves soient formés non pas à une gamme de produits (e.g. la suite Microsoft Office) mais à des catégories d’outils (e.g. traitement de texte, tableur, logiciels de présentation...) ?
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« Le système éducatif doit développer l'alphabétisation numérique. Cette formation devrait s'appuyer sur les logiciels libres.". C'est ce que j’avais déclaré l'issue de mon entretien avec Richard Stallman, le 28 juin 2006. »

Les logiciels évoluent vite. On ne peut axer un enseignement sur la connaissance d’un logiciel particulier, vite dépassé. Il faut mettre l’accent sur les principes sous-tendant ces logiciels (traitement de texte, tableur, par exemple), que l’élève pourra ensuite appliquer quel que soit le logiciel qu’il aura devant lui.
Les logiciels libres de qualité, utilisant des formats ouverts normalisés, doivent être enseignés à l'école comme à l'université, et leur usage doit être privilégié dans les concours et examens, tant pour la bureautique que pour les usages scientifiques, techniques ou documentaires. L'enseignement de l'informatique doit privilégier les langages de programmation faisant l'objet d'une standardisation internationale, et les systèmes d'exploitation s'appuyant sur des standards ouverts.

Question 14c : Partagez-vous cette vision que les logiciels libres et les ressources libres sont en phase avec les missions du système éducatif et la culture enseignante de diffusion et d’appropriation par tous de la connaissance et des savoirs ? Si oui, comment voyez-vous votre engagement et ses modalités ? Par exemple en matière :
•    d’environnements numériques de travail libres (ENT) prenant toute leur place dans les écoles et les établissements scolaires ;
•    d’un poste de travail pour les élèves et les enseignants qui soit globalement vraiment pluraliste et divers ;
•    de ressources pédagogiques libres, « acteur à part entière » d’un univers éditorial qui évolue sous l’influence de l’ordinateur et d’Internet.
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Les biens communs produits grâce à l'internet et au numérique (logiciels libres, ressources éducatives partagées) enrichissent l’action du système éducatif tout autant qu’ils en dépendent.

- Un grand nombre d'enseignants s’impliquent dans la création de ressources pédagogiques en  ligne. Leurs efforts ne sont pas reconnus par l'institution. Le Ministère pourrait encourager la mise en place de plates-formes pour la création et le partage de ressources numériques.

Cette approche fondée sur la coopération n’exclut pas une démarche offensive en matière de création de contenus éducatifs professionnels.

- Les budgets d’acquisition de ressources et de logiciels d’éducation, stagnent à 15 millions d’euros environ alors que le Royaume Uni dépense chaque année 200 millions d’euros pour les ressources numériques. Les budgets des ressources numériques doivent se rapprocher, progressivement, des budgets des ressources papier.

- Au delà de la politique d’achat, la production de ressources pédagogiques a besoin d’une complète remise à plat : les juxtapositions permanentes de systèmes d’évaluation souvent contradictoires, la faiblesse relative des aides à la recherche-développement (à peine compensée depuis peu par la politique de pôles de compétitivité), les jeux complexes et conflits avec les organismes publics de production de ressources pédagogiques (CNED – CNDP – INRP), les multiples étapes administratives empêchant la diffusion des innovations dans les établissements scolaires eux-mêmes dessinent pour les éditeurs d’éducation numérique, un écosystème globalement stérile.

Réponses de Ségolène Royal aux questions de Candidats.fr  

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