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17.01.2007
Dans Musique Hebdo : les esprits sont peut être mûrs pour réfléchir à l’avenir de la création musicale
La transition vers le numérique est brutale pour la filiére de la musique. L’érosion des ventes de CD se poursuit. La musique en ligne tarde à prendre le relais. Le public boude les plateformes de musique en ligne en raison des prix pratiqués et des contraintes apportées par les DRM. La situation est de plus en plus critique pour les labels indépendants.
Depuis trois ans, je saisis toutes les occasions qui se présentent, des Francofolies (La Rochelle) aux Musiques Métisses (Angoulême) pour en discuter avec des artistes.
A travers ces discussions, j’ai pris la mesure de leur désarroi face à la croisade des maisons de disques contre le peer to peer. Un grand nombre d’artistes s’interrogent sur le bien fondé des poursuites judiciaires à l’encontre des internautes: ne risquent elles pas de couper les artistes de leur public, et notamment des jeunes ? C’est aux côtés de Jean-Louis Aubert, Manu Chao, Dominique A, Benabar et de nombreux autres artistes que j’ai signé, en février 2005 l'Appel à l'arrêt des poursuites contre le téléchargement de musique initié par le Nouvel Observateur.
L’insuffisante concertation lors de l’élaboration de la DADVSI et la manière expéditive et chaotique dont le gouvernement avait mené la discussion à l'Assemblée n'ont pas permis d'examiner toutes les solutions pour mettre en place de nouveaux modes de rémunération pour la filière musicale. Le vote de la DADVSI n’a rien réglé. Les artistes come les producteurs commencent à s’en rendre compte.
La situation a considérablement évolué depuis quelques mois. Une partie des internautes délaisse les réseaux peer to peer au profit de services comme MySpace. La filiere musicale commence à prendre la mesure des limites d’une strategie fondée sur l’intimidation judiciaire et la sur-protection des DRM. Des acteurs importants de la filiére musicale s’interrogent désormais sur l’es effets pervers des mesures techniques de protection. On commence a voir fleurir des offres de musique en ligne sans DRM, des offres « gratuites » (financées par la publicité) et des offres forfaitaires. Bref : la filière explore de nouvelles pistes. Et les esprits mûrissent.
L’économie de la musique (hors concerts) repose aujourd’hui sur trois sources de financement et de rémunération: revenus directs (vente de CD), revenus indirects (comme la «rémunération équitable» payée par les radios et les chaînes de télévision) et revenus mutualisés (comme la redevance pour copie privée).
Le poids relatif de ces trois modes de financement peut évoluer avec la révolution numérique. Je reste convaincue que l’avenir de la musique repose sur une pluralité de modes de financement et de rémunération : directs et indirects, vente unitaire et forfaits, individualisés et mutualisés, via la gestion collective.
A l’heure où l’industrie musicale expérimente de nouvelles formes de distribution, à base de forfait ou sans DRM, et de nouveaux modèles économiques fondés sur la publicité, sur des bases plus sereines.
Ségolène Royal
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