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16.11.2006
Ségolène Royal et la société de la connaissance
« Je crois que la gauche est la seule capable de développer une société de la connaissance ouverte »
Construire sa vie , L’Hebdo des socialistes, 28 octobre 2006
« Nous vivons une révolution dans l’accès au savoir »
La société de la connaissance bouleverse nos économies…
« Il s’agit de préparer l’avenir, en tirant pleinement parti de la société de la connaissance qui se dessine sous nos yeux. Avec Internet et le numérique, nous vivons une révolution dans l’accès au savoir. La société de la connaissance est tiraillée entre une prodigieuse dynamique de coopération, de création et de partage des connaissances et un puissant « capitalisme informationnel » qui tente de s’assurer le contrôle de larges pans des productions intellectuelles futures. »
Construire sa vie , L’Hebdo des socialistes, 28 octobre 2006
… et porte les emplois de demain
« A la fois par l’investissement dans le facteur travail, dans la valeur humaine, dans la formation professionnelle, dans l’innovation, dans la recherche, parce que c’est là que se trouvent les emplois de demain. Vous savez qu’aujourd’hui en France, un salarié sur cinq n’a aucune qualification, un salarié sur cinq, et qu’il y a des déficits de salariés, je l’ai dit tout à l’heure, dans des pans entiers de l’économie et que la bataille pour la conquête des emplois, elle est possible et quand l’ensemble des régions de France tirera dans le même sens que l’Etat central, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. J’ai la conviction qu’à ce moment-là, la valeur que nous sommes capables de produire, les laboratoires de recherche, les entreprises y compris dans le domaine de l’industrie, se remettront en mouvement. »
Europe 1, Le Grand Rendez-Vous, 29 octobre 2006
« l’alphabétisation numérique »
Il faut investir massivement dans l’éducation…
« Notre système éducatif a réussi une généralisation impressionnante. Il fait face avec des moyens limités à un monde en accélération rapide, saturé d’informations, travaillé par le numérique. Si nous voulons que l’école reste l’un des socles de notre société, nous devons la remettre d’aplomb : y restaurer le respect, aider tous les enfants à faire une bonne scolarité, proposer du soutien scolaire gratuit à ceux qui en ont besoin, améliorer l’articulation école/collège, assurer une meilleure implication des parents dans la scolarité de leur enfant, garantir les acquis fondamentaux, épauler les enseignants, réaliser l’excellence scolaire sur tous les territoires. »
Construire sa vie , L’Hebdo des socialistes, 28 octobre 2006
…y compris l’éducation aux nouvelles technologies,
« Le système éducatif doit développer l'alphabétisation numérique. Cette formation devrait s'appuyer sur les logiciels libres. »
Entretien entre Ségolène Royal et Richard Stallman, 28 juin 2006
Tout comme il nous faut investir dans la recherche
« La priorité c’est l’investissement massif, nécessaire dans l’innovation et la recherche, nous sommes à la moitié des Suédois en terme d’investissement dans l’économie de la connaissance des nouvelles technologies. »
Premier débat télévisé pour l’investiture du Parti socialiste , LCP AN-Public Sénat , 17 octobre 2006
« Si de nombreux chercheurs s’installent aux Etats-Unis, c’est parce qu’on leur donne là-bas les moyens de travailler dans de bonnes conditions. Notre recherche est aujourd’hui asphyxiée : elle devra être une vraie priorité nationale. Il nous faudra aussi réconcilier progrès scientifique et développement durable et développer les outils d’une démocratie scientifique et technique. »
Construire sa vie , L’Hebdo des socialistes, 28 octobre 2006
Promouvoir les logiciels libres et les biens communs informationnels
« La politique de recherche et d'innovation technologique en informatique gagnerait à s'inspirer des concepts issus du logiciel libre. »
Entretien entre Ségolène Royal et Richard Stallman, 28 juin 2006
« Au delà du logiciel, les pouvoirs publics doivent promouvoir les « biens communs informationnels » dans le domaine de la science. Ils appellent à mettre en oeuvre la déclaration de Berlin et les recommandations du Sommet Mondial de la Société de l'Information (SMSI) en matière de libre accès à l'information scientifique. »
Entretien entre Ségolène Royal et Richard Stallman, 28 juin 2006
« Le logiciel libre a déjà profondément transformé la manière dont nous travaillons, apprenons et vivons. Ainsi, Internet repose, pour l'essentiel, sur des logiciels libres. Tous les usagers de l'informatique et de l'Internet utilisent aujourd'hui des logiciels libres sur leurs ordinateurs (navigateur, suite bureautique, etc.) ou accèdent à des logiciels libres sur Internet (souvent sans le savoir).
Les standards ouverts (comme Open Document Format) et le recours aux logiciels libres contribuent à l'indépendance, à la qualité et à l'efficacité des administrations centrales et des collectivités locales. Les développements financés par la puissance publique pour ses propres besoins devraient, de manière générale, être libres.
Les pouvoirs publics, en France et en Europe, devraient promouvoir un cadre juridique qui favorise la liberté d'utilisation des logiciels et la participation des utilisateurs à l'innovation. »
Entretien entre Ségolène Royal et Richard Stallman, 28 juin 2006
Stimuler l’Europe de la recherche
« L’Europe continue à avoir du retard sur les Etats-Unis en matière de recherche-développement. Or, la recherche est l’élément clé pour assurer la compétitivité de l’Europe et une croissance durable comme cela a été bien souligné dans la stratégie de Lisbonne. L’éparpillement des budgets et souvent leur faiblesse dans les Etats membres, la mise en concurrence des équipes alors que des synergies seraient plus efficaces sont responsables des faiblesses actuelles. Il faut promouvoir et renforcer, lorsqu’elle existe, une logique de réseaux entre équipes de recherche, et augmenter très fortement le budget de la recherche dans le prochain budget européen. »
L’Europe par la preuve, Conférence de presse du 11 octobre 2006 à l’Assemblée nationale
« Il faudra (…) contribuer à l'élaboration d'un cadre juridique européen et international plus favorable à la circulation des oeuvres et des connaissances. »
Entretien entre Ségolène Royal et Richard Stallman, 28 juin 2006
16:45 Publié dans société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Pour reprendre et prolonger une citation de l'article : « Le système éducatif doit développer l'alphabétisation numérique. Cette formation devrait s'appuyer sur les logiciels libres. »
On peut sans doute aller un peu plus loin : généralisation des logiciels libres dans les administrations et collectivités publiques (les députés seront équipés de systèmes d'exploitation et de logiciels libres à partir de juillet 2007), prise de position officielle de l'ARF sur ce point, prise de position officielle des maires socialistes de grandes villes pour ne plus financer les systèmes d'exploitation et les logiciels propriétaires des écoles, appui à tous les réseaux d'éducation formelle et non-formelle pour que les outils et les démarches du logiciel libre se diffusent largement dans la population...
Le champ d'action est très vaste. Le fondement d'une action politique de gauche me parait être dans l'affirmation claire des domaines réservés, préservés de la logique marchande - ce que Philippe AIGRAIN dans "Cause commune, l'information entre bien commun et propriété" essaie de délimiter comme biens et services communs.
La culture numérique, ce n'est pas l'initiation au web 2.0, c'est bien la maîtrise d'un environnement technologique qui peut permettre l'accès et la construction des savoirs. Mais cet environnement peut aussi être un puissant vecteur d'asservissement consumériste, d'espionnage généralisé d'individus réduits à leur fonction de consommateur. Le terrain de jeux du numérique c'est aussi celui de groupes recherchant "du temps de cerveau disponible"...
La société de la connaissance ou du savoir est en devenir. Nous n'en sommes qu'à la société de l'information et le "capitalisme informationnel" me semble avoir quelques longueurs d'avance sur les mouvements qui portent les dynamiques de coopération, de création et de partage des connaissances.
La campagne électorale qui démarre se jouera peut-être sur Internet. Ségolène Royal y affirmera-t-elle clairement son engagement pour une "sphère numérique commune" sur le champ de l'éducation, de la formation, de la citoyenneté ? Apparaitra-t-elle à la télévision en montrant le CD-Rom Bureau Libre de la ville de Brest pour étayer son propos ?
J'en l'impression que cela est possible mais j'aimerais que cette orientation apparaissent un peu plus partagée par les autres ténors du PS.
Ecrit par : Jean-Paul Voisin | 23.11.2006
“Je propose la création, dans tous les établissements, d’ “unités pédagogiques” de 60 à 80 élèves qu’on confierait à une équipe de professeurs qui y auraient l’essentiel de leur service, avec une enveloppe globale d’heures-élèves à organiser comme ils le souhaitent. Il me semble qu’on n’aurait pas besoin alors de compter leurs heures ! Bien sûr, ce système serait mis en place progressivement sur la base du volontariat. Il permettrait, en même temps, l’insertion des élèves dans une unité à taille humaine, l’organisation de travaux en groupes de tailles diverses selon ce qui est requis par les activités pédagogiques et les objectifs d’apprentissage. On peut aussi penser que ces unités pédagogiques seraient des repères pour les familles. Un professeur pourrait en assurer la coordination à tour de rôle avec une décharge partielle d’enseignement, un bureau et un petit budget de fonctionnement. On impliquerait ainsi les enseignants dans un système sur lequel ils auraient vraiment prise collectivement et où je suis convaincu qu’ils se mobiliseraient fortement.
On peut aussi envisager un système simple de périquation : 1 heure de cours = 2 heures d’activités pédagogiques ne nécessitant ni préparation ni correction (suivi individualisé, travail documentaire, réunions de concertation, rencontres avec les familles, etc.). Chaque professeur pourrait alors choisir d’organiser son temps dans ce cadre au sein des unités pédagogiques en fonction des besoins des élèves et de la réflexion menée avec ses collègues... Certes, tout cela reste à retravailler, mais il y a ici des solutions acceptables par tous dans l’intérêt de tous...
Evidemment, la question de la grande fatigue des enseignants qui ont à faire face à des situations particulièrement difficiles doit être traitée en même temps : ces enseignants ont besoin de temps de respiration, de formation, d’accompagnement. Et il faut, pour cela, que la dotation horaire des établissements difficiles soit significativement augmentée : c’est pourquoi je milite pour l’indexation de la dotation horaire et budgétaire (budget consolidé évidemment) sur la CSP des familles des élèves qui y sont scolarisés (plus la moyenne de la CSP est basse, plus la dotation est importante et inversement)... et cela, évidemment, aussi bien pour les établissements publics que pour les établissements privés qui montreraient ainsi qu’ils participent vraiment à l’effort collectif en faveur de tous.”
Philippe Meirieu
Cité par Chris (avec son autorisation)
Ecrit par : chris | 25.11.2006